Rural, autogestionnaire, Longo Maï est un réseau de communautés militantes, visant l’autonomie vivrière et la solidarité internationale, et faisant au quotidien l’expérience de nouvelles formes de vie conviviale, solidaire et écologique.

Longo Maï est issu de la rencontre, après mai 68, de militants suisses, autrichiens, allemands et français. Fondée en 1973, à Limans (Alpes de Haute Provence) sur 270 hectares de terres avec une ferme en ruine, la communauté de Grange Neuve est pensée comme un lieu de refuge en milieu rural et une base solide pour la perpétuation d’actions notamment en faveur de la liberté de circulation des individus (emprisonnement, droit des migrants, …)

Aujourd’hui, Longo Maï est un réseau de 10 coopératives, 5 en France, les autres en Allemagne, Autriche, Ukraine, Suisse et Costa Rica – qui œuvre à la mise en pratique de principes libertaires, antimilitaristes, anticapitalistes. Longo Maï rejette le principe de représentation politique et prône l’égalité entre les personnes quelque soit leur origine, leur sexe et leur genre.

Au total, le réseau réunit un peu plus de 250 adultes et 50 enfants, d’une quinzaine de nationalités différentes. Les différentes communautés coopératives, bien qu’en lien étroit, ont une grande autonomie au quotidien. Elles sont portées par des fonctionnements internes différents qui s’adaptent aux spécificités de chaque lieu (on ne fonctionne pas de la même manière à 10 personnes ou à 100) et aux choix des habitants.

Longo Maï essaie de répondre à la majorité de ses besoins vivriers, produit son bois, assure une part de ses besoins énergétiques, (hydroélectricité, solaire, chauffage au bois, …). Les matériaux de constructions sont locaux et auto-produits, lorsque c’est possible. Et souvent l’eau provient de sources ou de captages.

Selon les collectifs, les activités agricoles et artisanales sont la production céréalière et boulangère, le maraîchage et les conserves, l’élevage, la vigne et le vin, la gestion forestière, la charpente, et la menuiserie, la laine et sa transformation ou l’accueil en gîtes … Les habitants sont souvent polyvalents, ce qui aide à comprendre les enjeux de chaque activité.

Les ressources économiques de ces activités sont mises en commun à l’intérieur de chaque lieu. Les financements, savoir-faire et gros matériels circulent entre les sites, selon le surplus et les besoins locaux. Par ailleurs, des collectes de fonds solidaires se font et sont attribuées aux différentes communautés et aux actions militantes.

Sur le plan organisationnel, des réunions régulières permettent dans chaque endroit l’organisation de la vie quotidienne. D’autres commissions inter-communautaires mènent des réflexions et définissent des solutions sur des problématiques communes ou décident d’actions militantes. Tous les six mois se déroule une assemblée inter-coopérative qui réunit des représentants de chaque coopérative afin d’entériner des décisions concernant l’ensemble du mouvement, préalablement discutées dans chaque lieu.

Longo Maï est un mode de vie. Loin d’être une entreprise, c’est le statut associatif qui est privilégié car il correspond à la vocation non-commerciale du réseau. En complément, des structures internationales ont été créées pour regrouper plus efficacement certains aspects des communautés, comme la communication (prolongomaï), ou la gestion du foncier sous forme de propriété collective inaliénable et qui échappe à la spéculation: la fondation suisse Fond de Terre Européenne.

Longo Maï a toujours refusé le salariat; les notions d’activités et d’efforts collectifs sont préférées, avec le partage des ressources selon les possibilités et besoins de chacun, au moyen de la caisse commune.

Avec le temps, les collectifs rénovent les bâtiments, en créent d’autres, développent leurs différents lieux de vie. Les communautés de Longo Maï expérimentent de nouvelles pratiques et nouveaux modes de vie, s’inscrivent dans la durée sur leurs territoires et dans les savoir-faire de leurs domaines d’activités.

En général, il n’y a pas de règles écrites ni de vote, que ce soit pour les prises de décision, les orientations, pour l’intégration de nouveaux ou pour la gestion des conflits par exemple. Les sujets sont débattus au fur et à mesure que les questions se posent, et des décisions se prennent par consensus. Elles servent de référence ensuite, jusqu’à être de nouveau débattues.

En plus de l’autonomie, l’objectif est d’apporter un soutien aux luttes sociales en France et par le monde, soutien aux migrants, aux autres collectifs militants, aux luttes paysannes et environnementales, etc…

Plusieurs médias ont été créés à cette fin: le mensuel Archipel du Forum Civique Européen, l’hebdomadaire « l’Ire des Chênaies », les Nouvelles de Longo Mai et Radio Zinzine qui couvre sur la bande FM une bonne partie de la région Paca et que l’on peut écouter sur internet.

Longo Maï a récemment édité un pack de DVD sur les méthodes de reproductions de semences paysannes.